
Pour mon pote Razor, qui m'a filé un très bon bootleg de Johnny Thunders, voici la chronique de So Alone du même monsieur.
Bon je pourrais révolutionner la philosophie mais au lieu de ça, j'écris des chroniques musicales...Tiens, dans la dernière, je parlais de Television, le groupe new-yorkais. Bah justement, Thunders est un ancien des New York Dolls (et là vous vous dites "wah, mais c'est quoi cette transition de merde ?" et vous avez parfaitement raison dans un sens, mais moi je vous réponds fuck off, parce que je suis en train de chroniquer un album d'un "parrain" du punk et que du coup j'ai le droit d'être paresseux et de faire des transitions pourries si je veux, bande de méchants personnages [bah oui, faut pas y aller trop fort non plus, je pourrais perdre des lecteurs, et ça, même un punk ne le voudrait (parce que bon, vous croyez que les punk ils faisaient tout ça pour quoi ? pour la révolution ? mon cul ! ils faisaient juste ça pour la thune, je vous le dis moi [parce que, en fait au fond les "rebelles" c'est toujours la même rengaine, ils prétendent se rebeller contre un ordre établi, des valeurs, un "système", mais leur rébellion n'est qu'une retranscription sémantique d'un processus physiologique tout con : la frustration, je vous le dis net ! la frustration de ne pouvoir faire partie de ce "système" et de ne pouvoir en profiter, du coup ils s'y opposent en acte, avec violence, mais au final ils ne font que l'alimenter puisqu'ils le désirent (ce qui montre très bien une chose : les actes ne prouvent rien)])], si je veux, je peux aller jusqu'à écrire une parenthèse énorme et lourde, et même pousser le vice jusqu'à mettre plusieurs parenthèses dans cette parenthèse et après faire comme si de rien n'était : et ouais, c'est ça être punk, okay ?) un des groupes fondateurs du punk, new-yorkais donc. Bon le lien ne s'arrête pas là. Johnny quitte le groupe en 1975 en embarquant le batteur Jerry Nolan dans son étui à guitare pour fonder The Heartbreakers avec Richard Hell (qui avait apparemment une passion pour fonder les groupes et s'en barrer sans participer à un album puisqu'il avait déjà fondé Television avec Verlaine deux ans auparavant et deux ans avant la sortie de leur premier album et qu'il fonda The Vovoids...en 1975) qu'il rencontra précisément au CBGB's où les deux groupes se représentaient. Malcolm McLaren, un mec plus cupide que tout Pink Floyd réuni, ancien manager des Dolls, et alors manager des Sex Pistols (et "accessoirement" compagnon de Vivienne Westwood...), les invite à participer à l'Anarchy Tour (avec notamment les Clash et les Buzzcocks) à Londres en 1977. Ils en reviennent avec l'album LAMF qu'ils sortent la même année (et sûrement des cartes postales de Big Ben et du Trafalgar Square).
Thunders lui, a remporté Steve Jones et Paul Cook (respectivement, le guitariste et le batteur des Sex Pistols) pour son premier album solo qui sort en 1978. En effet, ils prêtent main forte à Thunders pour la sixième piste de So Alone, London Boys, réponse en forme de "You're telling me 'shut your mouth' You're little London boys" aux "You better keep yer mouth shut" de New York, l'avant-dernier titre de Nevermind The Bollocks des Sex Pistols (détails intéressants si vous rencontrez un extrémiste punk anglais ou punk américain [si si, ça existe] qui croit qu'il faut systématiquement faire la guerre à "l'autre camp").
Mais les coups de mains ne s'arrêtent pas là, car "So Alone", Thunders n'en n'est pas moins très bien accompagné. Parmis une pléiade de noms familiers on retrouve Phil Lynott, le leader de Thin Lizzy, Steve Lillywhite le super-producteur punk/new-wave et Chrissie Hynde du groupe oublié The Pretenders.
Tout ça pour dire que cet album n'est pas monolithique. Certes, c'est du punk et des morceaux comme Leave Me Alone ou Subway Train, sorti du répertoire des Dolls (je compte pas London Boys, une parodie des Pistols), en attestent bien. Mais, notamment par le biais des reprises, on passe facilement d'une chose à son contraire.
Démonstration : On commence par une reprise surf des Chantays avec Pipeline, puis You Can't Put Your Harms Around A Memory, une ballade punk (?) de Thunders (il dira de ce morceau qu'il est le meilleur qu'il ait jamais composé), suivie d'une reprise des Shangri-Las qui bouge bien. Après vient Ask Me No Questions un truc un peu raté et Leave Me Alone un bon gros punk avec un bon, très bon solo.
Oui, un détail, Johnny Thunders est un putain de bon guitariste. D'ailleurs, vient (She's So) Untouchable, le huitième morceau de l'album, qui est une très bonne composition appuyée d'un saxophone (vous avez dit punk ?). Enfin on nous rebalance du Dolls avec Downtown...mais à la rigueur c'est toujours bon à prendre, parce que l'élément à noter avec cet album, bien plus réussi au niveau de la prod que LAMF et tous ses remix, c'est que l'interprétation est impeccable. C'est sûrement ce qui fait que cet album est une petite merveille, les compos originales ne formant même pas la moitié des pistes et l'ensemble étant assez inégal, passant de trucs grandioses comme You Can't Put Your Harms Around A Memory à des trucs plus passables comme Ask Me No Questions.
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Marquee Moon est un album génial pour les critiques : c'est un grand album que personne ne connait, et que personne n'écoute. Philippe Manoeuvre lui-même ne s'y trompe pas en le citant dans sa "discothèque rock idéale" (ou comment se faire de l'argent facile en ressortant tous les poncifs classiques des rock critics alors même qu'on a chié sur certains groupes/albums cités pendants des décennies).
Ainsi toutes les chroniques de Marquee Moon sont identiques :
"Television est un groupe de new-wave/punk new-yorkais de la fin des années 70 (note : c'est en gros un pléonasme) qui sortit en 1977 un des plus grands albums de tous les temps, Marquee Moon. Sous l'influence de Patti Smith et de Lou Reed cet album est l'album d'un groupe éphémère où Tom Verlaine, le leader du groupe, poète, livre des textes sublimes de romantisme exacerbé tout en jouant à merveille avec son guitariste Richard Lloyd.
Un des plus grands albums de tous les temps. Surtout si vous ne le connaissez pas.
Ah, j'ai oublié de dire qu'ils ont fait partie des groupes mythiques qui ont joués dans la salle mythique du CBGB à New York. Vous saviez pas hein ? Bah moi si.
Philippe Manoeuvre"
Bon, Tom Verlaine est bien sûr un nom de scène...présenter Tom Miller comme un "poète" et un "romantique" est donc un peu de la paresse intellectuelle. Enfin passons.
Les solos de Lloyd sont globalement supérieurs à ceux de Verlaine, notamment celui du dernier morceau, Torn Curtain, qui a sûrement dû tirer plus d'une larme. Le fait est peut-être plus flagrant sur le titre éponyme (ou homonyme, on sait pas vraiment), où ils se partagent la vedette solistique. Tout le reste du temps, leur complicité étonnante rappelle un peu le duo Collins/Rossington de Lynyrd Skynyrd sans atteindre le même niveau technique.
Le chant aigu d'écorché-vif très "new-yorkien" et proto-punk (oui, ça ne veut rien dire) de Verlaine pourrait en rebuter quelques uns. Mais paradoxalement il est plutôt doux et sa justesse associé aux paroles "travaillées" servies par des mélodies efficaces lui donne une ampleur . On pourrait résumer cet album par cette tension, punk-romantique. On pourrait aussi ne pas être une caricature de rock critic et tout simplement décrire cette tension sans jargon : un album à la fois doux et enragé.
Au final, Marquee Moon est un disque attachant, qui ne bouleverse certainement pas l'histoire de la musique, qui est comme l'album unique d'un groupe "éphémère", qui reste enfermé dans la même chose pendant 45 minutes, mais qui reste toujours très plaisant à écouter et à entendre.
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Ségolène Royal nous avait montré le résultat de stages intensifs au Jamel Comedy Club en Septembre dernier. Mais comme vous êtes des lecteurs intelligents et cultivés (puisque vous lisez mon blog), vous n'êtes sans savoir que les rois du domaine sont les américains.
La preuve en image :
John McCain est hilarant. Certes, ses textes sont sans doute écrits par une troupe de comique, mais :
- ceux-ci sont clairement plus doués que ceux de Ségolène
- ceux-ci sont également plus doués que ceux de Barack Obama (qui reste très drôle, notamment sur le coup du "Barack Steve Obama", contrairement à Ségolène qui est simplement pathétique)
- John McCain est un bien meilleur acteur que Barack Obama
Le seul qui leur arrive à la cheville en France, c'est notre cher président et ses talonnettes décomplexées.
De toute façon, Obama n'a pas besoin d'être drôle ou bon politique. Même s'il décrit cette qualité comme un défaut dans son discours-sketch, il est beau, et c'est tout ce qui compte...
Encore un bilan de santé de la pensée au pays des Lumières.
En France, l'esprit critique est poussé à ses sommets : la preuve, tout le monde aime Obama. C'est merveilleux. Il est noir, il est beau, et il est de gauche. Mais plus que, ça : il est l'espoir. Le grand messie. C'est lui, le sauveur qui va regonfler les Etats-Unis et donc le monde entier, qui va arrêter le bellicisme à outrance des américains et instaurer la paix jusqu'en Palestine, qui va stopper le terrorisme, qui va se réconcilier avec le vieux continent et surtout avec notre beau pays que les méchants réacs (néo)conservateurs comme McCain détestent tant. Libération l'aime. Sarkozy l'aime. Le Monde l'aime. Segolène l'aime (oui, vous allez me dire, elle aime tout le monde en ce moment..."Fra-ter-ni-té"). Le Figaro l'aime. Les artistes l'aiment. Les femmes l'aiment. Les bobos l'aiment. Les anti-américains l'aiment. Le Pen l'aime.
La France aime Obama.
Alors qu'en fait, Obama, il est nul (McCain aussi hein).
Enfin bon..
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Sketch hilarant des Monty Pythons prouvant (s'il en est besoin) que la plus haute ("chiante") pensée n'est pas incompatible avec l'humour le plus "drôle"...voire qu'ils sont étroitement liés :
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Bon, sous la pression constante dont je fais l'objet et les lettres de menaces (pleines de fautes d'orthographes...) que je reçois tous les jours, ma lâcheté aidant, je me vois contraint de vous fournir la playlist officielle (officielle de quoi ? c'est une bonne question, mais est-ce si important ? voulez-vous réellement ruiner mon effet ?) de la rentrée 2008 immédiatement. Le "thème" est "joyeux", donc évidemment c'est n'importe quoi. Mais au final, ça donne une sélection qui relève du génie, ni plus ni moins. Avec des purs sons de oufs qui niquent leur race, du rap "old school", du jazz fusion, du rock avec des guitares bien grasses et même de la new-wave (bah ouais !). Attention, écouter cette playlist en entier c'est prendre le risque de me vouer un culte, un culte au détenteur le plus éloquent et le plus manifeste du bon goût sur cette pauvre planète torturée par notre misérable espèce de nihilistes passifs amateurs d'électro-rocko-hiphopopo-soupe et de Bernard Werber.
Si vous avez des questions au sujet des morceaux ou des groupes concernés, n'hésitez pas à me les poser, je me ferais un plaisir de frimer en étalant ma culture (grande et magnifique). Mais ne vous plaignez pas de la longueur de cette sélection, sinon ça va barder, bande de malpolis.
Dernière chose : montez le son à fond les ballons !
PS : bordel, TOUT est absolument cool dans cette playlist. C'est bête à dire mais je me bluffe moi-même tellement je suis bon. La vache, qu'est-ce que je suis bon. Impressionnant.
PS2 : mais merde même dans mon postscriptum je suis bon. C'est incroyable ce que je suis génial. Criez-le sur tous les toits.
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Fragment des Minima Moralia :
84. Emploi du temps. - Il n'est sans doute rien qui distingue aussi profondément le mode de vie de l'intellectuel de celui du bourgeois que ceci : le premier ne reconnait pas l'alternative entre le travail et l'amusement. Un travail qui, pour rendre justice à la réalité, n'a pas d'abord à infliger au sujet tout le mal qu'il devra infliger plus tard aux autres, est un plaisir même quand il requiert un effort désespéré. La liberté qu'il signifie est comparable à celle réservée par la société bourgeoise au seul repos, dont une telle réglementation finit par nous priver. Inversement, celui qui sait ce qu'est la liberté ne supporte pas les amusements tolérés par cette société et, en dehors de son travail qui inclut, il est vrai, ce que les bourgeois réservent aux heures de loisirs en parlant de "culture", il n'acceptera aucun plaisir de substitution. Work while you work, play while you play - est une des règles fondamentales de l'autodiscipline répressive. Des parents qui faisaient une question de prestige des notes de leur enfant, étaient le moins disposés à admettre que celui-ci lise trop longtemps le soir ou finisse par ce qu'ils considéraient comme du surmenage intellectuel. Mais dans leur bêtise s'exprimait le génie de leur classe. La doctrine de la mesure en tant que vertu raisonnable, inculquée depuis Aristote, est entre autres choses un essai pour donner à la division de l'homme en fonctions indépendantes les unes des autres - qui est une nécessité sociale - des fondements si solides qu'aucune d'entres elles n'a plus aucune chance de passer à un autre et de faire penser à l'homme qui l'exerce. Mais on ne saurait pas davantage imaginer Nietzsche dans un bureau où une secrètaire répondrait au téléphone dans l'antichambre, assis jusqu'à cinq heures à sa table, qu'on ne pourrait l'imaginer jouant au golf apès une journée de travail. Seule l'astucieuse imbrication de bonheur et de travail laisse quelque porte ouverte à l'expérience, en dépit des pressions de la société. Elle est de moins en moins tolérée. Même les soi-disantes professions intellectuelles sont privées de toute joie à mesure qu'elles se rapprochent du business. L'atomisation ne se développe pas seulement entre les hommes, elle est en chaque individu, dans les différentes sphères de la vie. Aucun épanouissement ne doit être attaché au travail qui perdrait sinon sa modestie fonctionnelle dans la totalité de ses fins, aucune étincelle de réflexion ne doit tomber dans le temps des loisirs car elle pourrait se communiquer sinon à l'univers du travail et y mettre le feu. Alors que dans leurs structures le travail et l'amusement se ressemblent de plus en plus, on les sépare en même temps pas des lignes de démarcation invisibles, mais de plus en plus rigoureuses. Le plaisir et l'esprit en ont été également chassés. Partout règne un impitoyable esprit de sérieux et se déploie une activité de façade.
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